Archives et Musée
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Maurice Gauchez remporte le prix Davaine

Publié en 1917 chez l’éditeur parisien Eugène Figuière, le recueil poétique Les Rafales de Maurice Gauchez, reçoit, à la toute fin juin 1918, le prix Jules Davaine, décerné par l’Académie française depuis 1910. Le 9 juillet, L’Indépendance belge informe ses lecteurs du prix remporté par le poète, tandis que Le XXe siècle, journal d’union et d’action catholique et La Métropole d’Anvers font de même cinq jours plus tard. Cette consécration s’ajoute à la reconnaissance critique dont Gauchez a bénéficié pour un ensemble de poèmes. Ainsi la critique dithyrambique de Léon Boquet :

Au-dessus du troupeau falot des versificateurs de bonne volonté et des rimailleurs incontinents, dominait déjà, défiant le Temps et la Mort, tel un dieu, la haute figure du grand Verhaeren. Puis il y a eu Marcel Wyseur avec sa Flandre rouge. Et voici Maurice Gauchez, poète des Rafales.

(La Patrie belge¸ Paris, novembre 1917. ML 01025/0001).

Quatre tableaux composent le recueil, qui fait la part belle aux évocations des "Rafales de Flandre" et des "Rafales de Wallonie", comme si des deux diptyques d’un retable patriotique il s’agissait. Or la Belgique célébrée par Gauchez n’a rien d’une froide allégorie : "la Patrie martyre est présente dans Les Rafales, individualisée, vivante, sensible. Elle y est par sa terre profanée qui souffre comme une chair de femme saccagée et violentée" (Léon Boquet, ibidem). Car c’est du front de l’Yser, rejoint après s’être évadé de prison que Gauchez écrit, comme il ne manque de le signaler dans la "note" qui clôt le recueil écrit "au front des Armées belges, au Scheweege, à Oostvleteren, à Noordschoote, au 'Passeur', à Steenkerke, à Nieuport ou à La Panne" ("Note", Les Rafales, Paris, Figuière, 1917, p. 220).

Blessé et gazé à plusieurs reprises, condamné à mort avant de s’enfuir, combattant de toutes les batailles, il ne cesse pourtant d’écrire et reste avant tout bienveillant et modeste :

[…] au front, il y a la vocation et la fièvre et l’optimisme confiant et raisonné ; à l’arrière, il y a l’exil, l’ennui, la monotonie et l’incertitude des pensées inspirées par la guerre. J’ai dit un jour que jamais je n’aurais l’héroïsme de m’embusquer, et chaque fois que je rentre de permission, bien que je sois triste […], je me sens libre, gai, content de me retrouver dans l’atmosphère pour laquelle sont faits et ma force et mon ardeur et mes muscles de santé.

(Maurice Gauchez, "Lettre à la marraine. Ma permission", Notre Belgique, Calais, 19 octobre 1917. ML 01025/0001)