Archives et Musée
de la Littérature
Bibliothèque Royale
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La Marne ne porte pas bonheur aux Allemands

En juillet 1918, le conflit commence à tourner à l’avantage des alliés. Dans son journal, Georges Eekhoud écrit :
La Marne ne porte pas bonheur aux Allemands et au Kronprinz. Voici que les Français viennent de remporter un avantage très sérieux par une contre-offensive qui a forcé les Allemands à repasser le fleuve et à abandonner 17.000 prisonniers et 400 canons ! – Pourvu que cette petite victoire contribue à nous rapprocher de la paix. – La grande bataille continue sur une grande partie du front. (22/7, p. 106)
Avec les victoires décisives de la Seconde Bataille de la Marne, la marche vers la victoire devient irrésistible. Et il est plus que temps. A Bruxelles, on sent que la vie sous l’occupation a atteint une sorte de paroxysme, le fil tendu à l’extrême est prêt à se rompre. Ce passage du journal sur l’atmosphère dans la ville est édifiant :
On meurt de plus en plus de faim. Et la tuberculose ! L’autre jour on enterrait un jeune homme de mes élèves de l’Ecole Normale. – Et toujours pas de légumes ! Depuis les bagarres du marché matinal de la Grand’Place nos "saigneurs" de la campagne ne viennent plus en ville. Les légumiers de notre voisinage n’ont plus le moindre article à leur étalage. Une botte de radis noir ! Et c’est tout. Plus de gagne-petit, plus de colporteurs. En ville quelques marchandes de fleurs et quelques charrettes de groseilles et de cerises. Le matin il ne passe plus sous mes fenêtres qu’un colporteur de charbon dont le cri "Houiiille ! Houil’" est aussi lugubre que des hurlements d’orfraie ! (4/7, p. 94)
Et aux tensions épuisantes s’ajoute dorénavant un nouveau mal : la grippe espagnole.
[…] elle sévirait aux divers fronts et il s’en produirait des cas assez nombreux à Bruxelles. Il ne nous manquait vraiment plus que cela ! (9/7, p. 98)