Archives et Musée
de la Littérature
Bibliothèque Royale
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Belgique
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La carrière de Raymond Rouleau se décide...

Un Fonck - dont le prénom est omis ou inconnu - est présenté par Le nouveau dictionnaire des Belges (p. 298) comme étant "le premier tué belge de la Première Guerre Mondiale". Ce n’est toutefois pas lui qui nous retiendra, mais un de ses homonymes : Charles Fonck. Cet "homme de bien" envoya, le 5 janvier 1918, à la mère et au beau-père de Raymond Rouleau - son père biologique ayant abandonné sa mère sans reconnaître son enfant - une lettre que l’artiste conserva précieusement sa vie durant. Elle lui avait permis de devenir artiste !

En 1919, Raymond Rouleau entre au Conservatoire royal de Bruxelles, avec dérogation du fait de son jeune âge : 15 ans. Cette lettre fut sans nul doute déterminante pour arracher le consentement des parents. Rouleau connaîtra là Tania Balachova qui deviendra sa première épouse, ainsi que Fernand Piette avec qui il jouera au Théâtre du Peuple. Diplômé en 1923 avec la plus grande distinction, il rejoint peu après le Théâtre du Marais (1921-1926) dirigé par Jules Delacre. Ce qui préludera à la foudroyante et étonnante carrière qu’on lui a connu, en Belgique, mais aussi et surtout en France.

On lit dans la lettre de Charles Fonck :

J’ai le plaisir de vous apprendre que les progrès faits par Raymond ont dépassé, jusqu’à présent, toutes mes espérances. Il a montré, depuis que nous nous sommes mis à réaliser le plan que je vous ai exposé, des aptitudes et un enthousiasme pour le travail qui permettent d’augurer un brillant avenir. D’autant part, son individualité se développe admirablement, et j’éprouve la satisfaction de constater que l’esprit d’indépendance et de justice dont je favorise le développement chez lui, en feront un homme libre et droit. […]

Et il poursuit, sans malheureusement nous révéler avec exactitude le type d’avenir envisagé à ce moment :
Vous avez admirablement compris qu’étant donné les qualités morales et intellectuelles de votre fils, vous pouvez, sans danger, lui accorder la plus grande liberté dans ses études et le libérer des chaînes étroites de l’absolutisme paternel.

Rappelons que la chronique du numéro 50-51 de la revue Textyles (2016) donne un aperçu des archives que la troisième femme de Raymond Rouleau, Françoise Crémieux, a donnés aux Archives & Musée de la littérature. Outre ce "fonds Raymond Rouleau", les AML possèdent également des documents provenant d’Anne Chareton, ainsi que la collection de Raymond Tranchant autour de cet artiste. Rappelons aussi qu’une rubrique de la Biographie nationale lui fut consacré en 2016 et que Mme Danielle Mathieu-Bouillon, présidente de l’Association de la Régie Théâtrale, partage ses souvenirs sur lui (voir la rubrique "son" de notre site internet). Enfin, qu’une exposition lui sera consacrée en nos murs, vraisemblablement fin 2019.