Archives et Musée
de la Littérature
Bibliothèque Royale
(3eme étage)
4, blvd de l'Empereur
1000 Bruxelles
Belgique
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Avec le soutien de la

"De Schelde" de Peter Benoît

Né à Harelbeke en 1834 et décédé à Anvers en 1901, Peter Benoit fut un compositeur et un professeur de musique belge. Il étudia au Conservatoire royal de Bruxelles où il suivit les cours de composition de François-Joseph Fétis, alors l’homme en vue du monde musical belge. Il obtint le prix de Rome, visita l’Allemagne et collabora à Bruxelles avec un homme de théâtre anticlérical et flamingant, Jakob Kats (1804-1886).

Son nationalisme flamand s’aiguisa au contact d’Emanuel Hiel (1834-1899), le parolier de deux de ses oratorios les plus célèbres : Lucifer dont les paroles sont en langue vernaculaire et De Schelde (1869) où fleurissent des allusions à Guillaume d’Orange. Chanter la Flandre au travers de ses cours d’eau, Emile Verhaeren le fera également, bien plus tard.

Benoit intègre dans ses créations des chansons populaires et choisit la langue flamande même comme support à sa musique religieuse, projet audacieux à l’époque. L’autonomie culturelle de la Flandre fut son rêve.

Schelde vient de "Scaldis" mot d’origine celtique et non germanique. Pour Hiel comme pour Benoît, chanter l’Escaut, c’est chanter la grandeur de la Flandre et son lien avec les Pays-Bas, un pays resté neutre, comme on le sait, durant la guerre 14-18.

Le texte se clôt sur : "O Schelde, Schelde, kronkel voort [/] tot elks gewinne ! […] Het vrije vaderland : [/] Nederland !"

Donner cet oratorio en plein conflit revêtait indéniablement une signification politique. D’autant qu’un autre fleuve flamand s’était signalé à l’attention de tous : La Lys.

De Schelde est donné à Anvers en juin 1917 à la "feestzaal van den Dierentuin" sous la direction de Flor Alpaerts. Egalement le 14 octobre dans cette même ville à l’Hippodroom-Schouwburg sous la direction de Lodewijk Ontrop. Outre la contribution d’une mezzo-soprano, d’un ténor, de deux barytons et d’une basse y prirent part un orchestre et un choeur, soit quelques 450 interprètes !

De Nederlandsche Boekhandel édite un livre pour l’occasion. Outre le texte d’Emmanuel Hiel et une étude de l’ouvrage musical, la publication comprend une biographie de Peter Benoît datée de septembre 1917 et signée Emmanuel de Bom (1868-1953). Celui-ci sera démis de son poste de bibliothécaire de la ville d’Anvers en 1918.

L’exemplaire que conservent les Archives & Musée de la Littérature est dédicacé par E. de Bom à Georges Eekhoud, à la date du 13 octobre 1917.