Archives et Musée
de la Littérature
Bibliothèque Royale
(3eme étage)
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Belgique
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Correspondance Hellens-Wyseur

Depuis Nice où il vit désormais et qui l’a séduite par sa lumière et ses couleurs lorsqu’il la découvre en 1915, Franz Hellens (1881-1972) écrit à son ami Marcel Wyseur (1886-1950). Il vient de quitter la villa Saint-Léger, une pension qu’il occupait jusque-là mais qui lui était devenue trop chère. C’est que les temps sont bien durs pour qui ne survit, comme notre écrivain, que de maigres entrées financières !
Je suis installé maintenant dans un petit pavillon, écris beaucoup d’articles qui me sont pour la plupart retournés impitoyablement – encore ne me fait-on pas toujours cette amabilité. Bref, je vis en ce moment dans une passe extrêmement difficile. Avec trente ou quarante francs, j’aurais pu me tirer d’affaire jusqu’au prochain payement d’émoluments, mais je ne sais pas où les trouver… (ML 00090/0069)

Marcel Wyseur, celui que son grand ami Michel de Ghelderode qualifiera plus tard de "dernier poète de Bruges" (MLT 05258/0054/001-002), avait publié en 1916, chez Perrin à Paris, un recueil de poésies de guerre remarqué, La Flandre rouge (FS16 00091). Il avait bénéficié d’une préface d’Emile Verhaeren, que le jeune poète admirait et se nourrissait des influences formelles de ses aînés : Elskamp, Maeterlinck, Rodenbach et, évidemment, Verhaeren.

Dans la lettre du 20 juin 1917, Hellens interroge son ami sur un autre de ses volumes, en préparation :
Ecris-moi donc vite pour me donner de tes nouvelles, me parler de tes travaux, de tes projets, de tout ce qui m’intéresse. Dans combien de temps tes Cloches de Flandres sonneront-elles au jour ?

Le recueil de Wyseur paraîtra en 1918. "(…) Wyseur a pris comme modèle le ‘maître regretté Emile Verhaeren’, pour chanter la Flandre éternelle, la Flandre martyre, la Flandre de la guerre, à Pervyse ou à Furnes", écrit Jean-Marie d’Heur dans le Dictionnaire des oeuvres. II. La poésie (MLA 09532).

Hellens et Wyseur entretiennent une abondante et longue correspondance, qui témoigne de leur amitié solide. Ainsi, les Archives & Musée de la Littérature conservent-ils une centaine de lettres adressées par Hellens à Wyseur (cote ML 00090/0001-0099), dont la plupart datent d’entre 1915 et 1918. Elles rendent compte de l’intérêt porté par Hellens aux projets d’écriture de son ami mais aussi des aléas de la vie en temps de guerre, même lorsqu’on a échappé au front.