Archives et Musée
de la Littérature
Bibliothèque Royale
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Gustave Vanzype au Comité National de Secours et d'Alimentation

Le Comité national de secours et d'alimentation, organisation caritative visant à distribuer de l'aide humanitaire aux civils en Belgique occupée durant la Première Guerre mondiale, fut créé en septembre 1914. Financé par les contributions d'un petit groupe de financiers et d’hommes d'affaires – dont Ernest Solvay, Dannie Heineman, Émile Francqui… – il était organisé en deux sections : l’une fournissant la nourriture, l'autre essentiellement les vêtements Le CNSA s'appuyait sur de nombreux comités locaux, ainsi qu’à l’intérieur de ceux-ci, sur un réseau de près de 125 000 agents dispersés dans le pays.

Pourquoi un écrivain connu comme Gustave Vanzype décida-t-il d’y apporter sa contribution, comme le laisse entendre la carte que nous reproduisons ci-dessous ? Et pourquoi en novembre 1916, plus de deux ans après sa création ? Nous ignorons ses motivations précises. Une fibre sociale parcourt toutefois son théâtre, comme l’atteste l’intitulé de ses premières pièces : L’Enfant (1894), La Gêne (1894), Le Gouffre (1895), L’Échelle (1895). Ce dernier drame en trois actes, que Lugné-Poe montera à l’Œuvre en 1898, décrit la manière dont un banal conflit privé dans les hautes classes engendre, une fois répercuté plus bas dans l’échelle sociale, d’horribles conséquences.

Dans Holocauste (1906), pièce qui ne sera ni jouée, ni publiée, une jeune fille, Claire, se force malgré d’autres inclinations à épouser un industriel follement amoureux d'elle, et ce, parce qu’il menace, aigri par son refus, de se venger sur des milliers d'ouvriers… Elle déclare au deuxième acte : "Je sais, je sais qu’ils sont malheureux… C’est évident pour tout le monde. Et puis, quand même je ne saurais rien. Je serais avec eux encore. Je serais avec eux contre Rackerhay. Il est trop fort, il est trop sûr de lui. Il croit trop à la souveraineté de son or… Il est horrible ! Vous vous êtes étonnés de ce que subitement, j’ai voulu demeurer ici. J’ai voulu rester pour assister à cette lutte, parce que j’espère qu’il aura le dessous, qu’il sera vaincu, que la volonté de onze mille hommes sera plus forte que la sienne, parce que j’espère voir cette défaite : Rackerhay, Rackerhay l’homme aux quatre cent millions, Rackerhay le tout puissant, contraint de céder à de très pauvres gens…"

Le fonds Gustave Vanzype conserve aussi une lettre signée Émile Franqui, datée de janvier 1919, adressée à son "cher Vanzype". Signe de leur rapport étroit, il demande au journaliste-écrivain de dénoncer à l’occasion un bruit sans fondement qui court sur leur Comité au sortir de la guerre.