Archives et Musée
de la Littérature
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Des démarches pour un retour d'exil

Juin 1916, voilà déjà 20 mois que la famille Willems-Gevers est en exil sur l’île de Walcheren en Zélande. La vie s’y est organisée dans la nostalgie du pays meurtri et la haine de l’occupant.

Frans Willems a eu le temps de travailler à ses aquarelles, notamment la série de La Belgique en cage et un coin de Belgique libre et à un ensemble de projets de vitraux puissants où symboles religieux et nationaux se confrontent aux horreurs de la guerre. Ces aquarelles saisissantes sont à découvrir en ce moment, et jusqu’au 31 octobre 2016, dans le cadre de l’exposition Missembourg à la croisée des arts.

Marie Gevers, de son côté, a publié de nombreux poèmes et articles patriotiques dans la presse libre, comme cet éloge de La Belgique sanglante d'Emile Verhaeren (voir aussi à ce propos notre autre chronique de ce mois), paru dans L'Indépendance belge du 17 juin 1916, où le lyrisme exalté envers la nation n'a d'égal que la violence et la rancoeur envers l'ennemi . En ce mois de juin, Marie vient aussi d’entamer les dernières pages de ses cahiers d’exil.

Car la date du retour au foyer se rapproche, elle aura lieu le mois suivant, du moins pour Marie et son fils cadet, Paul. L’aîné a déjà retrouvé depuis quelques mois le domaine de Missembourg près d’Anvers avec sa grand-mère maternelle. Quant à Frans, il demeurera encore quelque temps en Hollande avant de passer en Angleterre, dans l’espoir, hélas frustré, de se mettre au service de son pays. Le couple restera séparé jusqu’à la fin de la guerre.

Récemment, une enveloppe à l’en-tête du Kaiserlich Deutsches Konsulat de Vlissingen a été relevée dans un reliquat des Archives Gevers. A l’intérieur, deux documents viennent apporter une touche plus concrète aux préparatifs de ce retour d’exil. Il s’agit, d’une part, de la lettre annonçant le feu vert du Consulat allemand pour le passage de la famille en Belgique. Et, d’autre part, d’un laissez-passer de la Commune d’Edegem daté du 9 septembre 1914 (deux mois avant la fuite d’Anvers), avec photographie d’identité de Marie Gevers, autorisant celle-ci à franchir les lignes fortifiées pour retirer de l'argent à la banque. Le cachet de la Croix Rouge d’Anvers est également apposé, avec la mention de son délégué général déclarant Monsieur Willems-Gevers attaché à la Croix Rouge d’Anvers en tant que secrétaire-adjoint. Ce document officiel a peut-être servi en 1916 de papier d’identification des Willems-Gevers auprès des autorités allemandes. Dans tous les cas, il nous donne la très rare occasion de voir le visage de Marie Gevers au début de la guerre.

Rendez-vous d’ores et déjà au mois d’août pour les premières impressions de Marie dans la Belgique occupée.