Archives et Musée
de la Littérature
Bibliothèque Royale
(3eme étage)
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Belgique
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Avec le soutien de la

Au Théâtre Volant !

Coupé de ses liens professionnels parisiens en raison de la guerre et dans une époque pourtant peu propice aux initiatives, Fernand Crommelynck eut l’idée de créer, en 1916, sa propre troupe de théâtre. Ainsi dénommé parce qu’il se produisait, de salle en salle, en fonction des disponibilités, le Théâtre Volant put bénéficier du soutien financier initial d’un homme d’affaires, ami de Crommelynck, M. Vos.

Toute la famille fut mise à contribution. Anna Crommelynck, sous le pseudonyme d’Anne-Marie Tellier, assura les premiers rôles féminins ; le jeune Albert Crommelynck, frère du dramaturge et qui deviendra le peintre que l’on sait, incarna pour sa part les personnages d’enfants ; Hector Letellier, frère d’Anna et peintre lui aussi, s’occupa des décors. Même le jeune Jean Crommelynck, fils du dramaturge, mit la main à la pâte en remplacement de son oncle, tombé inopinément malade.

Au répertoire figuraient des textes classiques français - Victor Hugo, Alexandre Dumas Fils, Tristan Bernard,… - mais aussi des lectures poétiques (Emile Verhaeren, Lafontaine) ainsi que des séances pour enfants, dont Les Contes de la grand-mère. Ce texte, écrit et mis en voix par Fernand Crommelynck lui-même, s’accompagnait d’un jeu d’acteurs masqués, dont les mains étaient attachées à des fils accrochés au cintre du théâtre, simulant ainsi des marionnettes.

Pour la saison 1916-1917, on sait que le Théâtre Volant se produisit entre autres au Palais de glace, alors sous la direction de M. Vos. Les programmes que nous reproduisons ici étaient payés par la publicité. Il faut dire que Crommelynck nourrissait le projet de donner vie à un théâtre gratuit pour tous. Une première expérience verra le jour en 1917, au Palais de glace encore, avec Le Sculpteur de masques. Mais c’est là une autre histoire…


* D’après Jeanine MOULIN, Fernand Crommelynck ou le théâtre du paroxysme, Académie Royale de Langue et de Littératures Françaises, Bruxelles, 19178, p. 57-63.