Archives et Musée
de la Littérature
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Défense d’être galant avec les dames sous l’occupation allemande !

Le journal de Lucien Laudy, qui a déjà été l’objet d’une autre chronique, continue d’offrir pour cette fin d’année civile 1915 des informations intéressantes sur la manière dont les Belges vivent et ressentent l’occupation allemande.

Ainsi y apprend-on, en date du 1er décembre, que
les autorités allemandes ont décidé de faire occuper les immeubles vacants par leurs soldats.
Quatre jours plus tard, l’auteur se lamente de "la mesquinerie allemande" et raconte cette anecdote :
Un fabricant de cigarettes avait adopté la marque Fabir, formée des initiales de cinq pays alliés : France, Angleterre, Belgique, Italie et Russie. Cela est parvenu aux oreilles des Boches qui ont obligé le commerçant à changer de marque. Celle-ci a aujourd’hui le nom de Phébé. (4/12)
En temps de guerre et d’occupation, toutes les administrations, y compris le système judiciaire, sont soumises au commandement allemand. Ainsi Laudy fait-il état d’un jugement rendu par le tribunal de Charleroi, qui condamne trois personnes – deux Belges et un homme "sans nationalité" – pour des faits de trahison, respectivement à des peines de travaux forcés pour les deux premiers, et à l’exécution pour le dernier. Il mentionne également, le 15 décembre, la décision prise par "le Tribunal de campagne d’Anvers" de condamner à la peine de mort le citoyen belge Léon Parant, pour "trahison envers l’armée allemande".
Parant a fait passer sans cesse des hommes et des soldats à l’ennemi, était en rapport avec des espions français, leur rendait service et en a hébergé un. Parant a été fusillé le 8 de ce mois. Encore un brave.
Dans le même ordre d’idées et sur un ton similaire alliant l’anecdotique et le critique, Laudy dénonce l’arrestation de l’écrivain Lucien Solvay par des Allemands à qui il auraient ouvertement reproché de rester "assis alors qu’une dame se trouvait debout : puisque les jeunes ne se dérangent pas, les vieux le font", aurait déclaré celui qui fut directeur du Soir entre 1887 et 1906.
Il a été arrêté sur le champ. Défense d’être galant avec les dames sous l’occupation allemande ! (20/12)