Archives et Musée
de la Littérature
Bibliothèque Royale
(3eme étage)
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Belgique
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Votre affectionnée Elisabeth

Durant l’été 1915, Emile Verhaeren est à nouveau l’hôte des souverains belges. Il visite les tranchées avec le roi et, avec la reine, la villa l’Océan : l’hôpital du Dr Antoine Depage, où Elisabeth participe aux soins des blessés.

C’est durant ce séjour à La Panne que le poète fait part à la reine de son désir qu’un sculpteur de la qualité d’Auguste Rodin fasse le buste du roi.

De retour à Saint-Cloud, la pensée du poète quitte peu le front belge et les souverains devenus ses amis. Le 21 septembre, il reçoit une lettre signée "Votre affectionnée Elisabeth". Si la reine s’y montre enthousiaste à l’idée du projet Rodin, elle est obligée d’en remettre la réalisation à plus tard, en effet :
« Je voudrais voir l’oeuvre inspirée par l’être qui m’est le plus cher, éclore dans les mains de ce grand artiste. […] Mais malheureusement, mon mari est absorbé par le travail qui le force à se déplacer souvent toute la journée.

Comme André Mabille de Poncheville le fut dans sa Vie de Verhaeren, on ne peut qu’être touché par l’euphémisme employé par la reine. Ce travail n’est autre que la tournée éprouvante et dangereuse des tranchées et elle le dit "avec la simplicité de l’héroïsme qui s’ignore" (p. 461).

Le buste ne sera finalement jamais réalisé. Comme en témoigne la correspondance de Rodin à Verhaeren, le temps aura sans doute aussi manqué au sculpteur qui s’éteint en novembre 1917.

Par ailleurs, toujours dans la lettre du 21 septembre, Elisabeth dit toute l’émotion qu’elle a éprouvée en lisant La Belgique sanglante de Verhaeren :
Vos descriptions de la Flandre sont émouvantes à lire, surtout pour nous qui y vivons depuis un an.