Archives et Musée
de la Littérature
Bibliothèque Royale
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Combien déjà sont nombreux ceux qui sont revenus abîmés, et ceux qui ne reviendront plus.

De retour à Saint-Cloud après l’exil londonien, Marthe Verhaeren écrit à Marie Gevers le 30 mai 1915 (document ML 06069/0003). Elle y évoque un courrier qu’elle a reçu de la Dame de Missembourg qui l’a rassurée sur le sort de la famille Willems-Gevers, les nouvelles qu’elle a pu obtenir de quelques-unes de leurs connaissances communes, ainsi que la tristesse et les angoisses provoquées par l’exil.
Vous allez bien, tous. C’est le principal. Mais combien nous comprenons que vous souffriez tous d’être hors de votre pays ! Les dernières semaines que nous avons passées à Londres m’avaient rendue à ce point nerveuse que je ne pouvais presque plus marcher : ou je restais sur place, ou je courais. Et je ne sais ce qu’il serait advenu de moi, si je n’avais pu retrouver, sinon mon vrai coin, au moins un coin d’adoption.
La nervosité dont fait part Marthe contraste avec l’espoir qu’elle observe chez son époux :
L’oncle Emile lui est tellement confiant, et de plus en plus, qu’il reste radieux, à travers tout. C’est vrai qu’il a repris le travail après longtemps. Et comment ! Il faut le suivre du matin au soir pour comprendre de quelle vitalité il est encore doué.

Elle parle aussi de l’activité frénétique d’écriture d’Emile et des diverses publications, "dispersé[es] dans différents journaux, différentes revues, différents pays."

La réinstallation à Saint-Cloud réjouit Marthe : la vie reprend son cours et le couple retrouve ses amis. Or la jeunesse manque :
Que de jeunes partis ! Et combien déjà sont nombreux ceux qui sont revenus abîmés, et ceux qui ne reviendront plus.

Malheureusement incomplète, la lettre s’interrompt sur des nouvelles données de quelques amis et sur les informations que Marthe a reçues de leur maison de Roisin, qui serait intacte.