Archives et Musée
de la Littérature
Bibliothèque Royale
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Belgique
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L’exil anglais

Rapidement après l’invasion allemande, des Belges décident de fuir en Grande-Bretagne pour y trouver refuge. C’est ainsi le cas de Jules Delacre, neveu d’Emile Verhaeren et de Judith Cladel, amie d’Edmond Picard, auxquels l’un et l’autre écrivent en ce mois de septembre 1914, encore soumis à "l’angoisse des incertitudes" (Picard).

— Picard / Cladel

Edmond Picard a entretenu une très abondante correspondance avec Judith Cladel (1873-1958) ; les AML conservent la plupart des lettres envoyées par l’avocat à celle qui fut son amante.

En ce début septembre, Picard écrit à sa "chère amie", pour la rassurer sur son sort.
Nous sommes tous à Bruxelles rue Ducale en bonnes conditions.
écrit-il, avant d’ajouter qu’il attend la visite de
Esther, Jean, Dominique à qui rien ne manque.

Esther est la soeur de Judith, et toutes deux sont les filles de Léon Cladel, romancier et nouvelliste français, tandis que Dominique, à qui Picard fait référence, n’est autre que la fille d’Esther et Jean Rolin, la célèbre romancière Dominique Rolin, alors âgée de quinze mois à peine.

Picard annonce qu’il tient un journal, dont nous dévoilons des traces dans ce même site, et s’excuse de la brièveté de sa lettre. Puisque désormais
le gouvernement à Bruxelles est allemand
il charge le consul belge de la République de Cuba, Edmond Minne, de faire parvenir la lettre à Judith sans plus tarder.

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— Verhaeren / Delacre

Le 19 septembre 1914, Jules Delacre, neveu d’Emile Verhaeren, reçoit une carte-lettre de son oncle.

Comme de nombreux Belges, Jules s’est réfugié avec son épouse, en Angleterre, dans le Devon. Verhaeren lui exprime son désarroi face à l’impuissance à laquelle il doit se résigner :
Je me propose ou je me crois utile, on me répond qu’on n’a pas besoin de moi, si ce n’est pour des conférences.
Puisqu’il ne peut prendre les armes, Verhaeren consacrera donc ses énergies patriotiques à plaider la cause de son pays.
Depuis quatre jours, je travaille ferme. Je me soulage de ma haine et de ma colère. On me demande des vers. J’en compose et voilà. Faites de même ; c’est sain.