Archives et Musée
de la Littérature
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Information et désinformation

La fin du mois d’août s’inscrit sous le signe d’un certain chaos : la bataille fait rage en divers points de la Belgique. Eekhoud écrit :
On se bat, et même furieusement à en juger par la masse de blessés allemands que l’on rentre à Bruxelles. (28 août, p. 116)

Mais les informations sont rares et incertaines, notamment à propos des événements qui se déroulent dans le reste du monde.

Eekhoud parle souvent au conditionnel :
Les nouvelles publiées par le Times continuent à être de plus en plus favorables. La flotte anglaise aurait détruit l'allemande devant Hambourg qui serait sur le point d'être bombardé. Fuite de l'impératrice d'Allemagne en Suisse. Les Russes ne seraient plus qu'à 200 km de Berlin. L'Italie aurait déclaré la guerre à l'Autriche. Le Kronprinz mort des suites de ses blessures et la Gazette de Cologne en deuil. Les batailles entre Français et Allemands dans le Hainaut auraient été un désastre pour ceux ci. A Enghien ils auraient perdu 30 000 hommes, à Beloeil 10 000, à Charleroi ils auraient eu 2 régiments tout entiers détruits. […]. Les Anglais ont remporté une nouvelle victoire à Mons. Sur les opérations de ces derniers jours dans la région de Louvain, Diest, Aerschot, on rapporte que Diest a été bombardé ; de Haelen il ne reste plus un pan de mur debout; à Schaeffen il ne reste que trois maisons et 21 personnes ; Louvain serait incendié mais d'après d'autres nouvelles ce serait Herent, bourgade voisine. (28 août, p. 117-118)
Août prend fin dans cette incertitude. Le 30, Eekhoud décrit longuement le spectacle d’un défilé de soldats allemands harassés, livre en se demandant « qui croire » les dernières informations :
Mon voisin Bart … qui est allé aux nouvelles me rapporte d’après des communiqués de la légation du Portugal, que le gouvernement allemand s’est transporté à Mayence ; que les Russes ont pris Dantzig, Breslau et Königsberg et ne sont plus qu’à 20 km de Berlin ; que la cherté des vivres à Berlin prélude à une famine, […] ; que les Anglais ont détruit la flotte allemande à Hambourg mais en ayant perdu 7 cuirassés ; qu’ils bousculent Flessingue pour être maîtres de la navigation de l’Escaut, etc, etc, etc ! (p. 133)
Et le 31, il indique
Toujours du beau temps, toujours du soleil !... Mais toujours le cauchemar du doute, de l’angoisse. (p. 136)