Archives et Musée
de la Littérature
Bibliothèque Royale
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C’est la guerre !

Le 14 août 1914, Edmond Picard constate, déjà, une forme d’enlisement du conflit.

Les événements traînent. Rien de décisif, ni chez nous, ni en Serbie, ni en Autriche, ni en Russie. (…) Nous ne sommes plus au temps des campagnes voltigeantes de Bonaparte.

Dix jours à peine après le déclenchement du conflit, Picard prend la mesure du changement paradigmatique opéré par cette guerre, ne serait-ce que du point de vue militaire. L’étendue des « masses humaines à faire mouvoir » est telle qu’elle ralentit considérablement toute progression tout en annonçant, déjà, la notion totalisante du conflit.

En même temps, l’auteur se montre particulièrement critique face à ce qu’il considère comme de la manipulation de la part des journalistes pour qui les Belges sont merveilleusement héroïques, tandis que les Allemands font preuve de barbarie et de lâcheté sans commune mesure.
On dénonce des brûleries de villages, des pendaisons et des fusillades d’habitants. Tout le nord-est de la Belgique doit être dévasté, voire dépeuplé. On en fera le compte plus tard.
Ironise-t-il le 17 août. Mais rapidement s’installe une inquiétude lucide :
(…) au total, notre ligne de résistance recule toujours. Des forts de Liège nous sommes allés à la grande Gette ; maintenant il paraît que nous sommes sur la Dyle.
Deux questions préoccupent encore Picard : le manque et la partialité des informations officielles, d’une part, et l’absence de soutien réel des Alliés de l’autre.
Ne devrions-nous pas les avoir à nos côtés ? N’ont-ils pas employé, pour nous joindre, les quinze jours héroïques et sanglants durant lesquels nous nous sommes sacrifiés, obstruant invraisemblablement la marche de la première armée allemande ? De cela on ne sait rien, rien de rien. Ce qui est certain c’est que les Allemands ont triomphé des résistances. Ils arrivent à Bruxelles ! Mon coeur bat à me gêner. Je marche en somnambule parmi des passants effarés.