Archives et Musée
de la Littérature
Bibliothèque Royale
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Belgique
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L’Obsession

Dans le numéro du 2 août 1914 de L’Eventail théâtral, littéraire, artistique et mondain, Gustave Van Zype écrit son habituelle colonne. Or celle-ci a un goût amer et laisse transparaître une réelle et profonde inquiétude.
J’ai cherché à parler d’autre chose. C’est impossible. Tous les sujets ramènent à celui-là. (…) tous les projets surtout sont dérisoires.
Bien présente, parfaitement perceptible, la menace de la guerre plane sur tout. « Il faut essayer de travailler tout de même », tente d’encourager Van Zype.
Demain, sans doute, les hommes seront encore curieux d’émotions et d’idées. Et hier, en écrivant, nous avions l’ambition d’être utiles. (…) Mais ce drame paraît étriqué, ridicule, maintenant que notre imagination en voit surgir un autre. (…) Et puis, il n’est pas possible de s’isoler, de ne pas sentir autour de nous le grand frémissement dont est agitée l’Europe, de respirer autrement qu’en subissant le halètement unique et formidable. Et puis, ce serait odieux. Il faudrait être inconscient ou monstrueusement insensible pour être capable de penser, en ce moment, à autre chose qu’à cela.
Et comme en vision de l’horreur qui les attend, l’auteur s’inquiète :
Il n’y a plus que l’événement, l’événement tragique, abominable. Un seul objet requiert notre attention, anxieuse et passionnée : la civilisation.
MLT 01745/0001